Je voudrais, en réalité, que tout soit mensonge et énigme, fantaisie et illusion, d’une manière différente de celle que je voyais dans les miroirs. (Marta dessine ponts)
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La pluie avant de tomber

24 December 2009 | Autor: carles | Categoria: Quadern - Lectures | Tags: , , , , , , , | Sense comentaris »

la lluvia antesLa pluie avant de tomber, Jonathan Coe, Barcelone, Anagrama, 2009 (2007)

Un roman recommandé par Fernando Linde, libraire de 80 Mondes, ce qui est certainement une trouvaille. Suite au décès soudain -depuis le début il se présente un indice d’une mort recherchée- de Rosamond, sa nièce, Gill découvre les enregistrements que cette dernière avait préparé au sujet des explications de l’album de photo familiale. Une dissertation faite par un autre membre de la famille, Imogen, devenue aveugle lorsqu’elle était petite, et que Rosamond n’avait pas vu depuis longtemps. Ainsi, avec une structure minutieuse, marquée par le progrès dans les descriptions des photos, l’auteur offre les secrets d’une famille, d’un personnage qui a toujours été connu pour défendre sa liberté et pour faire comprendre à la société sa relation sentimental avec les femmes, à une époque très différente de celle d’aujourd’hui.

L’un des éléments le mieux choisi c’est le titre, clairement lié à divers moments de l’histoire (p. 149), et qui servira également à la fermer. Une référence évidente à ce qui est et ce qui peut être, dans axes temporaux passé-présent-futur, qui marque avec détermination l’intensité de l’histoire. Le lecteur bénéficie de la complaisance des explications sur une vieille femme qui a voulu faire taire sa voix après avoir offert son intimité. Cela me rappelle, sans aucun doute, la structure sous-jacente que j’ai moi-même suivi dans Voix de femme, les souvenirs des années soixante-dix qui poussent face à l’imminence-consciente ou inconsciente- de la mort. Un témoin qui reste pour les gens qui vivent encore, la famille, les petits-enfants, les nièces et neveux.

Il est intéressant d’observer le jeu double de destinataire -ou profiles, du narrateur, un intradiégétique, Gill, et une seconde extradiégétique, Imogen-  qui permet au lecteur, dernier destinataire de l’histoire, de découvrir et comprendre tous les passages essentiels. Une expression évocatrice, «C’est étrange que les souvenirs les plus clairs ne sont généralement pas visuelle » (p. 46). Un reproche, la volonté excessive de vouloir raconter tout ce qui se passe, détail par détail, même inutilement. Ainsi, le lecteur a peu de place à la participation, la conception de l’avenir de son esprit, de son imagination.



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