Je voudrais, en réalité, que tout soit mensonge et énigme, fantaisie et illusion, d’une manière différente de celle que je voyais dans les miroirs. (Marta dessine ponts)
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Une friandise

11 October 2009 | Autor: carles | Categoria: Quadern - Lectures | Tags: , , , , , | Sense comentaris »

una llaminadura-barberyUne friandise, Muriel Barbery, Barcelone, Éd. 62, 2009 (2000)

Il n’est pas toujours commun que le roman d’un écrivain oblige les lecteurs à connaître les premiers de celui-ci. C’est ce qui arrive avec Muriel Barbery, l’écrivain française qui vit au Japon (étrange point en commun avec Amélie Nothomb!) Et qui, avec Une friandise a commencé son portrait des habitants d’un immeuble de la rue Grenelle dans la capitale française. L’élégance du hérisson (2006) nous faisait découvrir la nudité d’une concierge et d’une jeune voisine qui était témoin de la réalité intérieur de celle-ci. Quelques années auparavant, l’auteur avait conçu une histoire similaire -de multiples perspectives-, pour décrire le riche monde intérieur de personnages en conflit qui chamboule toute sa vie, comme le cas de l’histoire qui se centre sur le critique gastronomique, Monsieur Arthens. Un personnage qui a entretenu de mauvaises relations avec tout le monde mais qui devient le centre de préciosité culinaire d’un roman qui fait sentir aux lecteurs avec une intensité comparable seulement à un séjour réel dans la cuisine d’un grand restaurant.

Il s’agit, par conséquent, d’un livre bien écrit, agile, avec une dose suffisante d’informations sur le raisonnement de chaque personnage qui accompagne le déroulement de l’histoire. Une histoire qui fait avancer la poésie et  l’humanité de la prose de Barbery connue à travers L’élégance du hérisson, à travers du voisin de chambre de la concierge Renée. Le souvenir du passé de Monsieur Arthens depuis la salle où il agonise rappelle au lecteur Catalan quelques unes des pages principales de Miroir brisé, avec une Teresa Goday qui reconstitue son passé en présence d’un de ses petits-enfants. Quelques pages où l’histoire se ralentit face au rythme effréné du témoignage des autres personnages, des raisonnements naturels, spontanés, très éloignés des loisirs aristocratiques et sélectifs de la vie d’un critique gastronomique. Le lecteur se transforme finalement en l’élément actif qui lie les pièces du puzzle, qui complète les pièces de jeu. Un lecteur actif qui sent, avec force, l’odeur des aliments cuits dans la mémoire du personnage principal.



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