Je voudrais, en réalité, que tout soit mensonge et énigme, fantaisie et illusion, d’une manière différente de celle que je voyais dans les miroirs. (Marta dessine ponts)
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Les jours sont comptés

27 September 2009 | Autor: carles | Categoria: Quadern - Lectures | Tags: , , , , , , , | Sense comentaris »

diascontadosLes jours sont comptés, Miklós Bánffy, Barcelone, les Livres de l’Astéroïde, 2009 (1934)

La lecture du premier volume de La Trilogie Transylvanienne de l’écrivain originaire de cette région, réveille immédiatement, l’envie de lire les deux volumes suivants, Les âmes jugées (1937) et Le royaume divisé (1940). Avec une écriture approfondie et équilibrée le lecteur découvre petit à petit l’histoire parallèle de deux cousins de la noblesse, le comte Bálint Abády qui a laissé une activité diplomatique à l’étranger pour devenir député au Parlement de Budapest, et László Gyeróffy, pianiste qui après sa rupture amoureuse avec la cousine Klara, sombrera dans l’alcool et le jeu. Les histoires contrastées des deux jeunes sert à Bánffy à construire l’élément le plus précieux du roman, la crise politique de la monarchie austro-hongroise au début du XXe siècle et le déclin de la classe sociale, la noblesse, face aux nouveaux défis du monde. Un monde qui prend fin et rappelle, sans aucun doute, le Le Guépard de Giuseppe Tomasi, prince de Lampedusa, ou le Bearn de Llorenç Villalonga, comme on le voit à la page 378, une critique acerbe de l’absence d’intérêt de la noblesse riche du pays.

Cependant, les références les plus immédiates se trouvent dans les exposés morales et politiques de L’Homme sans qualités de Robert Musil, mais dans ce cas, décrite à partir d’un point de vue autrichien. Voila l’intérêt du livre de Bánffy, la visualisation depuis la perspective Hongroise, une nation de laquelle dépend jusqu’à ce moment de la terre Transylvanienne, d’où lui-même est originaire; les réflexions sociolinguistiques sur l’usage de l’Allemand, le Hongrois et le Roumain sont un bon exemple. Le roman qui vous fait sentir les forêts et les montagnes des Carpates comme les palais de la noblesse Hongroise ou de Transylvanie. Il ya aussi une magnifique récréation des histoires tumultueuses du Romantisme, avec Bálint Abády, amoureux d’Adrienne Miloth, mariée sans amour et soumise à la violence psychologique de son mari. Tout cela fait du roman un excellent exemple de l’évolution des récits européens du XIXe siècle au passage du XXe siècle. Avec des éléments de Réalisme, du Romantisme, mais aussi avec un morceau de psychologisme, centré en particulier sur la construction intérieure du député Abády et de sa bien-aimée Miloth. En ce qui concerne la construction des personnages, un élément commun à mettre en évidence est l’approche du déracinement de chacun. Un manque de sécurité en eux-mêmes, le manque de perspectives, le besoin de trouver un passé pour avoir ainsi un présent correct. Le jeune pianiste Gyeróffy le manifeste ainsi: «Ce sentiment l’accompagnait partout où il allait: Il ressentait la même chose à Budapest, chez d’autres membres de sa famille. Il le portait en son intérieur, comme si l’orphelinat de son enfance était toujours vivant dans son âme adulte. Il ne se sentait chez lui nulle part, on le traitait toujours comme un étranger, un étranger qui n’était pas des leurs. » (Page. 46).



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