Les hommes qui n’aimaient pas les femmes
14 August 2009 | Autor: carles | Categoria: Quadern - Lectures | Tags: 2005, eròtica, nòrdica, novel·la, policíaca, Stieg Larsson | Sense comentaris »
Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, Stieg Larsson, Barcelone, Columna, 2008 (2005)
Face à un best-seller comme celui-ci, le premier volume de la trilogie Millénium, un lecteur avide de curiosité s’amuse à déterminer les raisons de son succès:
1. L’attirance morbide de la mort subite de l’auteur avant de voir son œuvre publié.
2. La structure du roman noir ou policier: l’ajout successif d’indices.
3. L’adaptation du genre à la vie quotidienne: la construction de personnages déracinés en dehors des conventions bien établies (Mikael Blomkvist, Lisbeth Salander).
4. L’ambiance des pays nordiques, à savoir la localisation de l’histoire dans un paysage très suggestif, et où la nature à une grande importance. De même, le contexte culturel marqué par le christianisme protestant.
5. L’incorporation d’éléments historiques du nazisme suédois.
6. L’utilisation des nouvelles technologies comme outil discursif et comme un élément de l’histoire mettant en scène un hacker (en référence à un possible syndrome d’Asperger, page 540).
7. L’approche désinhibée de la sexualité: les lesbiennes, les couples parallèles, et ainsi de suite.
8. La défense des femmes: la valeur de genre du roman c’est la dénonciation de l’inégalité sociale et la violence à leur encontre.
Le résultat est un livre frais, nouveau, intense, où les clichés de la critique sont, pour une fois, très vrais. Vous ne pouvez pas arrêter de lire. Il est clair que les deux parties suivantes auront du mal à être à la hauteur de celle-ci. Le roman de Larsson est le fruit d’une pulsion, une libération des sentiments, des expériences et des sensations. Un livre vivant, plein d’entrain, qui m’a fait reconnaître que certains best-sellers apportent quelques éléments dans l’histoire de la littérature universelle. Avec des touches d’humour et d’ironie, comme la citation de Blomkvist à Salander: « Ceci n’est pas un roman policier. Harriet, si Anita était morte, il y a des années qu’on aurait trouvé le corps. Il était logique qu’il ait aidé Harriet à fuir et à se cacher.» (Page 536), qui créent un jeu constant de clair-obscur qui dressent encore plus le lecteur.
Il faut signaler la construction du personnage de la chercheuse alternative et lucide, Lisbeth Salander, à côté de personnages féminins comme Erika Berger, une collègue de travail et affective du journaliste Blomkvist, ce qui pourrait être développé davantage. Il y a des histoires secondaires non développées ou seulement à moitié, comme celle de la famille de Salander (« Le décès de la mère signifiait que la plaie ne cicatriserait jamais, puisqu’il n’obtiendrait jamais une réponse à la question qu’il avait toujours voulu lui faire », page 538), ou le cas du violeur Nils Burjman, qui je suppose seront repris dans les derniers volumes de Millénium.
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