Je voudrais, en réalité, que tout soit mensonge et énigme, fantaisie et illusion, d’une manière différente de celle que je voyais dans les miroirs. (Marta dessine ponts)
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Le libraire de Kaboul

15 July 2009 | Autor: carles | Categoria: Quadern - Lectures | Tags: , , | Sense comentaris »

llibreter Kabul

Asne Seierstad, Le libraire de Kaboul, Barcelone, Ed. 62, 2009 (2002)

C’est au milieu du décor de la fiction et du témoignage d’un livre de voyages que se construit Le libraire de Kaboul. Un texte de la correspondante de la guerre norvégienne qui, comme il est expliqué dans le préface, a vécu un an avec la famille d’un libraire de cette ville, Sultan Khan. Une incertitude du genre duquel on ressent une lecture, irrégulière, de l’ouvrage. Il y a des chapitres plus narratifs, et d’autres avec des témoignages. Il ya des scènes qui nous sont suffisantes, et d’autres qui nous laisse sur notre faim … Elle-même le dit dans l’introduction: «J’ai choisi la forme narrative, mais je me suis basée sur des scènes réelles dans lesquelles j’ai moi-même participé ou qui m’ont été expliquées par ceux qui les ont vécu. [...] Comme je ne suis pas, de toute évidence, un écrivain omniscient, quand je décrit les dialogues intérieurs et les réflexions c’est seulement parce qu’ils m’ont dit eux-mêmes ce qu’ils ont pensé et ressenti.» (Page 12). De cette façon le fait que nous ne puissions pas localiser de « je » témoin dans le récit  attire particulièrement l’attention. Il y a une fausse tentative d’objectivité –les yeux occidentaux qui contrastent la réalité sont toujours présents- ce qui enlève la possibilité d’avoir construit un roman où des personnages comme le libraire lui-même et certains membres de sa famille, comme sa sœur Leila et les deux femmes, Sharifa et Sonya, auraient un traitement plus adapté à la réalité qu’ils offrent.

Néanmoins, ses réflexions sur la vestimentaire de ce pays concernant la situation des femmes sont très évocatrices: «Quant à moi, je me sentais comme une sorte d’être hermaphrodite. [...] Je pouvais éviter de respecter les canons rigides de la façon de s’habiller des femmes Afghanes et on m’avait permis d’aller où je voulais. Toutefois, j’ai souvent mis un burqa, pour qu’in me laisse tranquille. [...] En plus, derrière le burqa, je pouvais regarder sans que l’on me regarde » (Page 15). Telle est la contradiction, la prison pour être libre. De même, l’obsession de n’avoir que des fils est omniprésente dans le désir des femmes enceintes, comme je l’ai saisit dans la construction de Les silences de Maria, lorsque Maria épouse Hafez : « Elle est enceinte de son deuxième enfant et elle est terrifiée à l’idée que se soit une fille » (Page 230).

Un livre, donc, pour en apprendre un peu plus sur la difficile interaction entre les sexes dans le monde oriental.



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